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Levie : faire venir la culture dans le rural par le biais du musée de l’Alta Rocca

Par  Cathy Terrazzoni

Publié le 22/01/26 à 11:00

Kewin Peche-Quilichini, archéologue et directeur du musée de l’Alta Rocca, refuse de diffuser l’image vieillotte et surannée qu’une structure culturelle basée à Levie pourrait véhiculer.

Le musée de l’Alta Rocca à Levie est une structure renfermant des trésors archéologiques qui permet aux visiteurs et aux scolaires de découvrir les caractères géologiques, historiques et culturels de la microrégion. Les galeries présentent les vestiges issus de fouilles archéologiques et d’expositions consacrées aux ressources du territoire. Malgré le bâtiment austère qui abrite le musée, la visite des salles d’expositions intérieures reste agréable et enrichissante auprès des collections mises en scénographie chronologiquement.

Ainsi, le musée de l’Alta Rocca propose, tout en déambulant, la découverte de la vie quotidienne dans le sud de la Corse durant les grandes périodes de l’histoire.

Un voyage à travers les époques 

Le premier peuplement connu dans l’île se fait vers -9 000, avec l’arrivée de petits groupes par bateau. Afin de se nourrir, ces communautés pratiquent la prédation (pêche, piégeage, collectes diverses). Pour fabriquer leurs outils, elles utilisent des ressources essentiellement locales. Probablement nomades, elles occupent des abris naturels ou établissent des campements de plein air. 

Vers -5 800, au néolithique, d’autres hommes arrivent en Corse. Ils sont porteurs d’un mode de vie néolithique, c’est-à-dire qu’ils produisent leur nourriture grâce à la domestication des espèces animales (élevage) et végétales (agriculture). La métallurgie apparaît à la fin de la période. Celle-ci est également marquée par les premiers développements du mégalithisme.

Dès le début de l’âge du Bronze, le sud de la Corse se couvre d’habitats fortifiés, les casteddi, alors que le territoire est ponctué de menhirs et statues-menhirs. Ces dernières représentent des chefs portant des attributs guerriers.  Les sites de Cucuruzzu et d’Araghju constituent des exemples d’habitats de cette époque. L’âge du Fer connaît l’essor des villages (-800 à -200). Les fortifications sont abandonnées dès la fin de l’âge du Bronze, au profit de grands villages constitués de dizaines de petites maisons de forme ovalaire, tel Cuciurpula. À cette époque, les différentes populations corses semblent vivre en relative autarcie. Quelques objets d’importation originaires de Sardaigne et d’Etrurie sont toutefois retrouvés dans les tombes. Les premiers objets en acier apparaissent vers -700. À partir de -550, les Corses sont amenés à cohabiter avec les colons installés sur la côte orientale : Grecs, Étrusques puis Romains. Ces derniers achèvent la conquête de l’île au IIIe siècle av. J.-C.

De l’antiquité à l’époque moderne  (-200 à 1700), la Corse va connaître une histoire mouvementée relatée au musée de l’Alta Rocca.

Conférences et débats 

Le directeur Kewin Peche-Quilichini et son équipe cherchent à faire vivre le musée de l’Alta Rocca toute l’année en organisant des conférences, des débats et animations chaque samedi après-midi à 14h30 dans l’auditorium : “Nous invitons des scientifiques ou des écrivains soucieux de captiver l’auditoire en variant les sujets de réflexion. Ainsi, toute une programmation prévisionnelle est établie pour ce premier semestre 2026.”

Le premier rendez-vous a eu lieu ce samedi 24 janvier avec Caroline Rose Torres, docteure en histoire contemporaine. Le thème de sa conférence : “Mouvement féministe et nationalisme corse : clandestinités en parallèle ?”

Suivra un sujet le samedi 31 janvier sur les mégalithes de Cauria par Laurence Pinet du Musée d’archéologie de la Corse.

En février, ce sera A storia di a muvra : da l’urighjini à u so vultà in Cagna par Lisa Giovannoli et Gladys Comiti du Parc naturel régional de la Corse.

Désireuse d’élargir l’intérêt du public, la programmation s’étend à des sujets tels que “Donner et recevoir : les otages dans le monde romain” par François Santoni, ou encore Wanda Mastor qui présentera 28 mars “Le péché originel des États-Unis : le traitement des Amérindiens”.

En avril, ce sera au tour des disparus de Rawa-Ruvska par Dominique Pompa, Union départementale association des anciens combattants. L’âge du Bronze dans le nord de la France sera traité par Emmanuelle Leroy-Langelin du service archéologique du Pas-de-Calais.

Samedi 2 mai, 14h30 : du flocon au sorbet, artisanat et commerce “du froid” en Corse et en Sardaigne (XVIe-XXe siècles) par François Bartolomei, doctorant université Aix-Marseille.

Au printemps, lors de la nuit des musées, les jeunes seront invités à jouer le rôle des aventuriers accompagnés par un invité surprise, façon Koh Lanta avec des épreuves simulées de survie en milieu hostile comme au temps préhistorique.

Enfin, tout l’hiver, le musée de l’Alta Rocca présentera une grande exposition sur la société nuragique de la fin de la préhistoire corse. 

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